Chapitre II Partie 5

Publié le par Maybe

L’air se fit plus frais au fur et à mesure que la nuit avançait. Enna se calma peu à peu. Ecken avait cessé de parler depuis longtemps et regardait les étoiles qui resplendissaient dans le ciel. Enna ne comprenait pas cet homme, soit il était brusque et essayait de la tuer, soit il la consolait de ses pauvres malheurs. Mais elle ne chercha pas à s’en aller, elle voulait juste quelqu’un près d’elle et qu’importe qui cela pouvait être.

            Le silence régnait dans la clairière. Seul le vent effectuait quelques remous dans le calme de la nuit. Ecken murmura quelques paroles incompréhensibles. Enna ne chercha pas à deviner ce qu’il marmonnait et se serra plus fort contre lui. Le temps passa. La jeune femme essuya sa dernière larme et regarda Ecken contemplé bêtement les astres. Il souriait.

« - Pourquoi t’as ce sourire béat ? T’as j’mais vu d’étoiles ?

- Laïka.

- Pardon ?

- Je loue Laïka.

- Tu vois le rond brillant là-bas, dit-il en montrant la plus grosse et la plus imposante des lunes, c’est Laïka. Ça ne te dit rien… ? Laïka est la déesse de la délivrance. Elle protège et aide ceux qui croient en elle. Elle m’a sauvé la vie une fois et depuis ce jour, je pris pour elle dès que le temps me le permet. 


Ecken déclamait son histoire d’un ton passionné. Enna resta là, hébétée. Ainsi ce garçon, sous ses airs d’impénétrable, avait foi en quelque chose ! Il continua sur sa lancée.

-  Je suis sincèrement désolé de m’être comporté ainsi avec toi mais je croyais que tu profitais de nous. Je m’excuse d’avoir été aussi méfiant mais j’ai appris à mes dépends à ne jamais faire confiance aux gens aux premiers abords. Pour me faire pardonner, j’ai prié Laïka de toute mon âme pour que ta famille trouve le repos, et que ton cœur cesse de se tourmenter. J’espère qu’elle t’aidera comme elle l’a fait pour moi.

- Ben voyons ! Il n’est pas de la mentalité d’un Paysan de s’morfondre sur ce qu’il lui arrive, lui rétorqua Enna d’un ton vexé. Si c’est un mauvais jour, il faut boire d’raisin fermenté et on s’mouche sur ses soucis ! Qu’tu restes ici pour t’excuser d’avoir essayé de m’étrangler d’accord mais…

- Je ne voulais pas faire cela tout à l’heure, j’étais paniqué et… Ne le dis pas à Erde s’il te plaît. Je veux me faire pardonner, comment puis-je t’aider ?

- Merci mais j’en ai pas besoin de ton aide ! J’ai pleuré pendant plusieurs heures et c’est déjà trop ! Maintenant c’est l’avenir qui compte… Elle a dû faire quelqu’chose d’extraordinaire ta déesse pour que tu la loues comme ça ! Je peux savoir ce qu’il s’est passé ?

 

Suite : Chapitre II Partie 6

 

 

Publié dans La Plume et le glaive

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

maximilien porphyre 10/11/2010 23:21






Que dire? Que faire? Face à autant de talent, je subodore que mes mots ne suffiront pas à exprimer tout ce
que j'ai pu ressentir. Quelle audace grammaticale! Quelle syntaxe téméraire! Une histoire d’amour et de famille qui touche par sa sincérité et sa sensibilité. Le tout servi par une structure en
analepse qui permet de ménager un suspens insoutenable jusqu’au point pour l’instant culminant de ton récit malheureusement inachevé : la découverte de la mort du père d’Enna… Moment de tension
dramatique intense doublé d’une ironie cynique. Il fallait oser cette analogie zoomorphique entre l’homme et la volaille. Belle manière de rabaisser notre orgueil de lecteur en nous rappelant
notre condition animale! Pouvons-nous y déceler une référence à Diogène de Sinope, qui un beau jour lança un poulet déplumé et dit: “voilà l’homme de Platon”? Cette analogie est d’autant plus
pertinente qu’elle apparaît après les premiers instants de la relation entre Enna et le Centaure, lui-même à mi-chemin entre l’homme et la bête.


Enfin j’ai été particulièrement intéressé par l’usage fort à propos que tu fais du sociolecte rural. Tu sors
des sentiers battus et des topoï littéraires en n’associant pas à ce langage une critique acerbe, moralisante et condescendante d’un milieu souvent déprécié pour son inculture. Ceci est tout à
ton honneur.


Cela fait quelques temps que tu n’écris plus, j’attends de pied ferme ton prochain paragraphe, qui sera, j’en
suis sûr, à la hauteur de mes espérances.


Continue sur cette lancée…


Bien à toi,


Maximilien P.



Maybe 12/11/2010 17:58



Tout d'abord merci pour ton commentaire, c'est vrai que ça fait un moment que je ne suis pas passée par ici. Voilà donc la suite puisque c'est demandé.


Je te remercie de ton message bien que je ne peux m'empêcher d'être soucieuse, je pense que tu vas être déçu, je ne cherche pas aussi loin mes références et mon style d'écriture comme tu as l'air
de le penser...


Bonne lecture et n'hésite pas à donner encore ton avis !


Au plaisir



Mo 18/07/2010 19:01



Houla le temps a passé depuis ma dernière visite à ma boite mail =S He bien soutenance niquelle, et début de vacances un peu speed... déménagement prévu fin juillet (cartons cartons ^^) et remise
à plat de certains problemes relationnels -_- Il faut que je me remotive à continuer moi aussi =) J'espère que tu vas bien bisous =)



Mo 02/07/2010 14:31



Coucou petit passage pour destresser avant ma soutenance de projet, c'est cool qu'ils s'entendent bien ces deux là =) J'adore vraiment la façon de parler de ta "paysanne", ça change  !
^^  Dans 2h jsuis en vacs, alors jme remettrai à mon histoire, pour qu'on recommence à se motiver à deux ;) Passe un bon week end Biz !



Maybe 11/07/2010 04:01



Alors Alors ? Tu as les résultats ? Oui comme tu vois tu n'es plus là je me décourages :p Je vais essayer de m'y remettre,


A bientôt j'espère, j'attends la suite de ton roman !